Des parents polyfacétiques.

Père, peinture et astrologie...
Mère, cuisine et batterie.

J’ai grandi en Catalogne, dans de petits villages. Mon enfance a été une longue suite de déménagements, de maisons et d’écoles. De quatre à sept ans, j’ai vécu avec la compagnie de théâtre Els Comediants. Ils m’ont beaucoup marquée. D’ailleurs c’est un peu leur faute si je suis actrice.

C’est aussi la faute de la Fura dels Baus et des directeurs, acteurs, musiciens, poètes et autres artistes de mon entourage. J’ai abandonné très tôt mes études de puéricultrice, commencé à travailler jeune et exercé assez de métiers pour noircir un long CV.

Hasard ou pas, j’ai passé des auditions et décroché des petits boulots dans le milieu artistique. Curieusement, je me suis tout de suite sentie à l’aise. L’atmosphère du théâtre, d’un plateau, d’un tournage m’était étrangement familière. J’ai toujours été extrovertie et pourtant terriblement penaude. C’est peut-être pour cette raison que je n’ai guère pris d’initiatives pour me produire devant un public. Pas même devant mes camarades de classe.

Qui plus est, je ne pensais pas qu’être artiste pouvait devenir un métier, je croyais que c’était une manière de vivre.

Mais pourquoi pas ? Pourquoi ne pas faire une incursion plus poussée dans ce milieu ? Je devais avoir dix-huit ou dix-neuf ans quand je me le suis proposé et je me suis donné six mois pour trouver du travail et faire mes débuts sur scène ou à l’écran. J’ai pris des cours de théâtre, décroché d’innombrables rôles de figurant. Au bout de six mois, je me suis donné six mois de plus ; après, je n’avais plus le choix.

Évidemment, je n’ai pratiquement rien obtenu à cette époque, si ce n’est de constater l’étendue de mes lacunes. Mais en me plongeant dans cet univers, dans ce métier, j’ai trouvé un foyer.